Comores News

dim

07

jun

2009

Croisons les doigts et prions.

Le staff des organes en charge des élections aux ComoresLe staff des organes en charge des élections aux Comores

La fin des conclaves des organes en charge des élections.

Croisons les doigts et prions.

 Après 5 jours de conclave à Patsy, loin des regards et des commentaires, les organes en charge des élections aux Comores ont clôturé samedi à l’Hôtel Al Amal de Mutsamudu, leurs travaux d’évaluation des opérations électorales des 2007- 2008 et 2009. Il en est sorti de cette rencontre que le scrutin référendaire du 17 mai aux résultats mitigés, reste « très satisfaisant  par rapport aux précédant scrutins. » cette affirmation est de Houssamdine, le vice président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Autre information livrée lors de cette séance de fermeture, la CENI s’attèle dès à présent à l’organisation des scrutins qui doivent mettre en place les conseils des îles et le renouvellement de l’assemblée de l’Union. D’entrée de jeu, Saendou Djazila, le président de la CENI, affirme que tout est prêt pour organiser ces scrutins avant ou après le mois de ramadan. Mais pas avant l’adoption du budget et le chronogramme proposés par la CENI au gouvernement.

Si la CENI a dévoilé les dates devant s’étalées la période de révision des listes électorales (entre les 10 et 21 juin) soit 11 jours de travail de terrain, les scrutins proprement dites sont suspendu sur deux propositions de dates.

Le gouvernement tiendrait absolument que les votes se déroulent avant le ramadan et une date est même proposée au gouvernement par la CENI, le 17 juillet ou après le mois d’aout en fin septembre. Cette dernière date arrangerait bien la CENI, selon des indiscrétions recueillies à la CENI. Pour sa part Djazila se dit optimiste. Dans son exposé avant la clôture des travaux samedi à l’Hôtel Al Amal, il a déclaré à l’assistance que tout est possible « à condition de mettre les moyens financiers à temps. » et pour joindre la parole à l’acte, il dit être en mesure de « lancer les opérations de révision des listes électorales dès le 10 juin. Je suis confiant que si le gouvernement veut à ce que ces élections se tiennent rapidement, on débloquera l’argent nécessaire à temps. » Combien ? Personne ne le sait avec exactitude. Ce qui est certain, l’enveloppe budgétaire sera consistante. On parle au bas mot d’environ 650.000.000 Kmf soit un million et quelques centaines de mille d’euros.

A en croire le staff dirigeant de la CENI et des CIE, tout va à merveille.

L’opposition aura beau crié scandale, la population qui a boudé les urnes en masse aura beau elle aussi s’apitoyer sur son sort après la résurgence des anciennes pratiques qui consistent à bourrer les urnes et dire que c’est la volonté du peuple, et la vie continue.

Reste maintenant à se demander à quoi tient l’appel du chef de l’Etat aux supposés gouverneurs à se joindre à lui et organiser la mise en place des institutions de l’après révision de la constitution.

Premières inquiétudes des prétendants aux conseils des îles et du parlement de l’Union qui n’auront pas la couverture du pouvoir, que faut-il s’attendre si le gouvernement ne fait pas une ouverture au sein des organes en charge des élections ? Une piste de réponse est avancée par Ouseine, un jeune fonctionnaire d’Anjouan : « je pleins à ceux qui vont perdre de l’argent pour rien. Dans un pays où l’opposition est incohérente, sans ressource et faible, Où le pouvoir prend le peuple pour des idiots, le mieux serait de laisser le pouvoir faire ce que bon lui semble. On aura au moins économisé l’argent du contribuable et amener à ceux qui nous gouvernent de s’en rendre compte que ce n’est pas ce que Sambi avait promis. » Pessimiste comme raisonnement, mais plein de sens. Allez faire un tour dans les grandes agglomérations d’Anjouan et vous vous rendrez compte que les pouvoirs de l’île et de l’Union ont lamentablement perdu de crédit.

Inexplicable aussi la thèse avancée par beaucoup à Mutsamudu, qui craindraient que l’effet Sambi de mai 2006 risque bien de se retourner contre son bénéficiaire comme un effet Boomerang.

Une chose est sûre. Les recommandations faites par la CENI ainsi que le chronogramme du déroulement des scrutins reposent tranquillement sur le bureau de la présidence et seul Sambi peut inverser les donnes pour donner plus de crédit à la suite du processus.

Croisons les doigt et prions.

KAY

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