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jeu

02

jui

2009

Drame aux Comores : plusieurs familles endeuillées.

24 heures après le crash : peu d’avancées dans les recherches

Un Transall de l’armée américaine est arrivé mercredi à l’aube, avec un contingent de plusieurs dizaines de soldats de l’Us Navy. Le même jour sont également arrivés deux hélicoptères et un bâtiment de l’armée française, le Nivôse. L’essentiel des effectifs de ces soldats, plongeurs et pompiers, est dirigé au nord de l’île, dans la région de Mitsamihouli. C’est au large de cette région que se poursuit jusqu’à maintenant les recherches en mer. Hadji Mohamed, chargée de communication au sein de la Cellule de crise, a soutenu qu’ "effectivement les pilotes du Transall français ont déclaré avoir détecté une zone d’où proviendrait des signaux radios des boites noires de l’avions abimé". Cette zone serait "située à quelques 40 kilomètres des côtes de cette région", sans plus de précisions.

 A l’aéroport Prince Saïd Ibrahim, ladite Cellule de crise, formée par le gouvernement depuis le jour du drame, reçoit tour à tour les nouveaux secoureurs étrangers qui débarquent et ceux qui reviennent des patrouilles à bord des hélicoptères, dans des séances dit-on de "mise au point". Peu d’informations proviennent de cette cellule ; elle reçoit beaucoup moins la presse nationale. Mais ce que l’on peut filtrer de dehors laisse croire que les séries de patrouilles effectuées depuis le jour du drame par les deux bateaux comoriens, ainsi que celles menées mercredi par les hélicoptères français n’ont rien donné de plus que la seule enfant survivante retrouvée. Jusque tard dans la journée de mercredi, aucun autre corps en vie n’a été tiré hors de l’eau, contrairement à l’information donnée par la chaine de télévision européenne Lci. Le chargé de communication de la Cellule a dit  ne pas confirmer une telle information. Aucun corps inerte non plus n’a été trouvé depuis le jour du crash : les nombreuses supputations faisant état de trois, voire cinq cadavres repêchés au large des côtes se sont révélées fausses.

Même si cela paraît désagréable à dire, tout porte cependant à croire que les chances de retrouver rapidement des corps, et encore moins des survivants, restent maigres. Un marin français du  Nivôse se confiant à un employé de Comair Assistance a estimé que le périmètre présumé du crash est vraisemblablement un gouffre marin ; l’épave de l’appareil pourrait, selon lui, se situer entre 350 et 500 mètres dans les fonds marins. A cette profondeur, le sous-officier français estime qu’ "il faut des moyens matériels plus importants, mais pas seulement des plongeurs".

Au niveau de l’enquête diligentée par la mission technique venue du Yémen, et qui devrait bientôt être emboitée dans sa démarche par les experts d’Airbus, il n’y a rien encore à filtrer. Cependant, là aussi, tout porte à croire que les conditions météorologiques ont beaucoup contribué à l’accident. Un agent du service météo de l’Asecna affirme que la force du vent variait cette nuit-là entre 32 et 37 nœuds ; une amplitude critique, d’ailleurs signalée aux pilotes de l’avion. Cet agent est convaincu que "c’est ce qui a rendu impossible la tentative d’atterrissage, qui s’est suivie cinq minutes plus tard par la rupture des communications entre la tour de contrôle et l’appareil". Tout cela se serait passé entre 2 heures 50 et 2 heures 55 minutes du matin. 

Sardou Moussa

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mer

17

jun

2009

45 inspecteurs élèves des douanes de 13 pays étrangers formés au Maroc au titre de l'année 2008-09

L'Administration des douanes et impôts indirects (ADII) a dispensé, au titre de l'année 2008-09, un cycle international de formation de base au profit de 45 inspecteurs-élèves étrangers, dont trois cadres marocains.

Outre les cadres marocains, ces inspecteurs-élèves des douanes sont originaires da la RDC, du Gabon, de Guinée Conakry, de Mauritanie, des Iles Comores, du Congo-brazzaville, du Niger, du Togo, de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Mali, du Rwanda et de Haïti.

Au terme de cette formation, une cérémonie de remise des diplômes aux lauréats de cette 10ème promotion (2008-09), a été organisée, mardi à Rabat, au cours de laquelle le ministre de l'Economie et des Finances, M. Salaheddine Mezouar a prononcé une allocution dans laquelle il a indiqué que l'organisation de ce cycle de formation s'inscrit dans le cadre des relations de coopération en matière de formation entre le Maroc et plusieurs pays.

Le Maroc fait de la coopération Sud-Sud un facteur fondamental au service de la coopération multilatérale, a-t-il fait savoir, soulignant la nécessité de la renforcer dans les domaines de l'éducation et de la formation qui a permis aux bénéficiaires de perfectionner leurs expériences.

M. Mezouar a, en outre, salué le rôle de la France pour sa contribution, aux cotés du Maroc, à la mise en œuvre des programmes de formation dans le cadre d'un partenariat multipartite.

La formation constitue un levier de développement et un moyen important pour renforcer les compétences des participants, a indiqué, pour sa part, le directeur général de l'ADII, M. Abdellatif Zaghnoun.

L'amélioration de la qualité des prestations offertes par la douane marocaine figure parmi les objectifs de la stratégie de l'ADII en matière de formation, le but étant de répondre efficacement aux exigences de la souplesse et du contrôle, entre autres, des flux commerciaux.

Il a, en outre, indiqué que la coopération avec les douanes des autres pays, notamment de l'Afrique subsaharienne constitue une autre priorité de la stratégie de l'ADII.

Depuis 1978, le Centre de formation douanière de Casablanca a assuré une formation de base au profit de 624 douaniers des pays d'Afrique subsaharienne, a rappelé le directeur général de l'ADII.

De son côté, le directeur général-adjoint de l'Agence marocaine de la Coopération internationale (AMCI), M. Salah Rami, a mis l'accent sur les efforts déployés en vue de permettre à un grand nombre de cadres étrangers de bénéficier de l'expérience marocaine dans divers domaines.

Lors de cette cérémonie, qui s'est déroulée en présence d'ambassadeurs de pays africains subsahariens accrédités au Maroc et de hauts responsables de la douane française, une minute de silence a été observée pour le repos de l'âme du Président gabonais, feu Haj Omar Bongo Ondimba, décédé le 8 juin.

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lun

15

jun

2009

Célébration de la journée de l’enfant africain à Anjouan.

Le 16 juin, Anjouan célébrera la journée de l’enfant africain. Thème retenu cette année « La survie et le développement de l’Enfant ».

En partenariat avec le Service d’Ecoute et de Prise en Charge des Enfants Victimes de Violence, le ministère de la santé et l’Unicef comptent donner une emprunte particulière à cette célébration. Il sera question de sensibiliser la population sur la prise en charge de la santé de l’enfant, de la maternelle au primaire en les administrant des doses de Vitamine A, renforcer une campagne de déparasitage des enfants et réactiver une campagne de sensibilisation générale sur l’hygiène des enfants. La campagne proprement dite débutera le 16 juin à Vassy, une localité au sud de l’île. Mais dès le 13 juin, une conférence-débat est organisée à la Radio Télévision de Ndzuani (R.T.N.) où on a discuté de long en large les enjeux du développement et de la survie des enfants à Anjouan.

 

Madame Fatima Bacar animatrice du service d’écoute antenne d’Anjouan a expliqué que « il y a urgence pour les enfants à Anjouan. Nous avons recensé d’innombrables cas d’enfants maltraités, abandonnés et ne bénéficiant d’aucune assistance sanitaire ou éducative. » Constate-t-elle. Et d’ajouter : qu’« une forme très alarmante d’une enfance de rue se développe et prend une ampleur inquiétante à Anjouan. Ce qui nous a forcé [le service d’écoute ndlr.] insérer dans nos actions des activités qui ne font pas partie de nos actions afin d’apporter une assistance à ses enfants. Il est peut être temps que l’on change de fusil d’épaule et prendre cette réalité au sérieux. Si cette année, on a mis l’accent sur l’hygiène et la santé des enfants, il va falloir plus sur ces enfants violés, abandonnés à la merci de la loi de cette jungle impitoyable qu’est la rue. »

 

Après la conférence-débat, une marche des écoles qui a regroupé les maternelles et les primaires de Mutsamudu. La participation massive de ses enfants à cette marche, témoigne de l’intérêt de s’occuper d’eux. Une jeune fille de 10 ans qui a participé à cette marche qui a fait le tour de la ville de Mutsamudu dimanche matin, regrettait du fait que « nous avons défilé ce matin et on s’attendait à recevoir notre dose de vitamine A, mais on nous a dit qu’une cérémonie officielle se fera demain [lundi] à quelques kilomètres d’ici. On aurait souhaité avoir notre dose de vitamine aujourd’hui qu’on s’est mobilisé en masse. »

K.A.Y.

 

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mar

09

jun

2009

Histoire d’en rire, et d’en pleurer.

Inimaginable, mais désormais vrai !

 

L’on connaissait les gays, les lesbiennes, les amateurs de chair fraîche -pédophiles-, les transsexuels et que sais-je encore… Mais l’on vient de découvrir une nouvelle espèce de maniaque, tout à fait extraordinaire. Le témoin direct de l’histoire   - ou plutôt la victime ! - est un jeune étudiant (évitons dans ce cadre exceptionnel les précisions, svp !).

 

Récit. Sous un soleil de plomb, dans les rues de Moroni, Monsieur X se pointe sur le trottoir et cherche un auto-stop. Soudain se pointe une voiture, jolie, avec à son bord une dame, super canon ! "Je te dépose ?" Une réponse à cette question serait plutôt absurde de la part du jeune. Il s’embarque. La jolie dame, à la grande surprise du jeune homme qui peine encore à perdre ses étoiles, tellement le soleil était aveuglant, fait des yeux doux au cavalier occasionnel.  Oh ! Nom d’un chat courtisé par une souris ! Le petit berger rejoint fameusement  la jolie bergère dans sa flamme lubrique, et le jeu s’est fait, le plus naturellement du monde.

 

Vingt-quatre heures plus tard, le rendez-vous est merveilleusement honoré, et la noce doit se passer dans une jolie pension, propriété de la magnifique dame. Je vous épargne très malheureusement les excitants détails de préliminaires très enflammés. Des préliminaires servis dans un plateau de feu, et qui durent trop, au gout de la fougueuse jeune personne.

Et puis, la dame, comme vous l’aurez compris beaucoup plus âgée que l’homme, assume pleinement cet état de fait et porte dans ses bras son poussin pour le déposer sur le lit. Encore une fois, je vous épargne les détails d’un piquet aiguisé à outrance et prêt à perforer un diamant. Et soudain, c’est la surprise : le rôle tend à vraiment s’inverser. En fait, c’est la dame qui s’apprête à perforer le jeune homme, avec une verge en caoutchouc, érigé tout d’un coup en lieu et place d’un…

 

Face à l’inimaginable - devenu enfin réalité tactile -, le sieur se verse dans un courroux vert ; bousculades et scènes de supplication s’ensuivent. Et l’homme, finalement, de remballer son piquet et de partir.  

 

Moralité de l’histoire : les lois de la nature ne sont pas figées !

SM

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lun

08

jun

2009

Chaque lundi Comores Hebdo vous emmène en reportage.

Le zoom d’un œil témoin.

« Que la montagne ne nous tombe pas sur la tête ! »

Fourtaleza, sent le « Fort Theresa » ou « Fortaleza ». Les uns disent que c’est le nom désigné d’une propriété des anciens navigateurs ou flibustiers espagnoles ou portugais qui rodaient dans le coin et qui avaient fini par élire domicile dans la baie de Mutsamudu après un naufrage. Leur navire aurait été surpris par les vents violents du Kashkazi. Une frange de l’opinion soutient le contraire. Des gentils anglais échoués dans la baie de Mutsamudu et qui ont trouvé refuge à Mutsamudu. La peur de l’étranger et la méfiance arabe de la population autochtone mais hospitalier, a motivé les maitres de la cité de les installer derrière les remparts de la ville-forteresse de Mutsamudu.

Les deux thèses se rejoignent à un détail près. Fourtaleza, a le gout européen, par la présence du seul cimetière « pour blanc ou chrétien ». Je rajoute avec raison que Fourtaleza, est une cité-cimetière entre Pagé et Habomo. Tellement accidentée et dangereuse pour avoir vu ma grand-mère tremblée de peur à l’idée d’y emprunter ce tronçon pour aller rendre visite à sa nièce à Haïbara – Pagé en 1981.

En 2009, La cité-cimetière accueille bien des morts non musulmans, mais aussi des bons portants musulmans en marge de toute assistance sociale ou en manque d’espace habitable, ailleurs. La colline d’en face rongé par l’érosion naturel et l’autre usure provoquée par l’ignorance humaine.

Plus de 200 âmes ont élu domicile dans ce bout de terrain conquis après le passage de l’entreprise française E.A.Dodin, qui aménageait le port de Mutsamudu dans les années 80.

Un nouveau quartier sous une montagne tombante. Ici, celui qui a les sous peu construire sa tombe tranquille, car l’Etat est absent. « On verra l’Etat par ici, le jour où la montagne nous tombera sur la tête. » me confie d’un ton moqueur un riverain.

Effectivement, Fourtaleza et sa population mort ou vivant sont menacé par la colline de Bandrankowa qui leur tombera un jour sur la tête, non seulement les pouvoirs qui se sont succédés au pays ont encouragé l’occupation de cette zone faisant partie du pas géométrique sensé être la propriété de l’Etat et de surcroit jugé dangereux, vient s’ajouter l’irresponsabilité de l’homme qui anticipe la catastrophe.

Sous un soleil de plomb, j’ai surpris deux jeunes hommes qui ont carrément fait de l’aval de la colline une source de revenu en creusant d’avantage la roche pour récupérer sable et gravillon. Deux matières de construction très prisée. Je me suis étonné de voir cela. Ces deux hommes n’avaient même pas besoin de creuser le lit de la montagne, car après tout, chaque jour, Bandrankowa perd ses forces et sa verdure par les salves nocturnes (ou parfois même en plein jour), qui tombent juste à quelques centimètres des habitations au bas de la montagne. En se séparant d’une partie de sa roche et de sa terre ou par l’érosion naturelle, ou par la parfaite chef d’œuvre macabre laissé par le développement portuaire.

N’est ce pas criminel de laisser des gens habités dans les environs ou laisser des laisser pour compte limer la montagne au point de leur tomber en premier dessus avant de ravager une centaine de maisons ? Celui qui s’obstine à dire que jamais cela n’arrivera, devrait réfléchir sur une question que m’a posée un ami qui passe des vacances à Fourtaleza depuis bientôt un mois : « Et si ça arrive demain ? Que ferions-nous et qu’est ce que l’Etat trouvera comme argument pour se justifier ? » Franchement, moi-même je ne sais pas, une chose est sûre, Sambi ne fera pas le déplacement pour aller voir de visu ce que se passe là-bas, à en croire Abdou un riverain, « nous ne sommes pas nombreux. Nous ne représentons rien en matière d’électorat. Qui s’occupera de nous ? Personne ! » Et d’ajouter ironiquement, « Mbaldé le tout nouveau directeur des travaux public, n’a pas le temps d’y jeter un coup d’œil. Tellement il y a des trous à boucher sur la chaussée que… la montagne peut nous tomber sur la tête. Ce  n’est pas une priorité, Sambi ne passe pas par là ! Nous vivons par nos seules prières quotidiennes ; que la montagne ne nous tombe pas la tête. »

KAY

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dim

07

jun

2009

Croisons les doigts et prions.

Le staff des organes en charge des élections aux ComoresLe staff des organes en charge des élections aux Comores

La fin des conclaves des organes en charge des élections.

Croisons les doigts et prions.

 Après 5 jours de conclave à Patsy, loin des regards et des commentaires, les organes en charge des élections aux Comores ont clôturé samedi à l’Hôtel Al Amal de Mutsamudu, leurs travaux d’évaluation des opérations électorales des 2007- 2008 et 2009. Il en est sorti de cette rencontre que le scrutin référendaire du 17 mai aux résultats mitigés, reste « très satisfaisant  par rapport aux précédant scrutins. » cette affirmation est de Houssamdine, le vice président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).

Autre information livrée lors de cette séance de fermeture, la CENI s’attèle dès à présent à l’organisation des scrutins qui doivent mettre en place les conseils des îles et le renouvellement de l’assemblée de l’Union. D’entrée de jeu, Saendou Djazila, le président de la CENI, affirme que tout est prêt pour organiser ces scrutins avant ou après le mois de ramadan. Mais pas avant l’adoption du budget et le chronogramme proposés par la CENI au gouvernement.

Si la CENI a dévoilé les dates devant s’étalées la période de révision des listes électorales (entre les 10 et 21 juin) soit 11 jours de travail de terrain, les scrutins proprement dites sont suspendu sur deux propositions de dates.

Le gouvernement tiendrait absolument que les votes se déroulent avant le ramadan et une date est même proposée au gouvernement par la CENI, le 17 juillet ou après le mois d’aout en fin septembre. Cette dernière date arrangerait bien la CENI, selon des indiscrétions recueillies à la CENI. Pour sa part Djazila se dit optimiste. Dans son exposé avant la clôture des travaux samedi à l’Hôtel Al Amal, il a déclaré à l’assistance que tout est possible « à condition de mettre les moyens financiers à temps. » et pour joindre la parole à l’acte, il dit être en mesure de « lancer les opérations de révision des listes électorales dès le 10 juin. Je suis confiant que si le gouvernement veut à ce que ces élections se tiennent rapidement, on débloquera l’argent nécessaire à temps. » Combien ? Personne ne le sait avec exactitude. Ce qui est certain, l’enveloppe budgétaire sera consistante. On parle au bas mot d’environ 650.000.000 Kmf soit un million et quelques centaines de mille d’euros.

A en croire le staff dirigeant de la CENI et des CIE, tout va à merveille.

L’opposition aura beau crié scandale, la population qui a boudé les urnes en masse aura beau elle aussi s’apitoyer sur son sort après la résurgence des anciennes pratiques qui consistent à bourrer les urnes et dire que c’est la volonté du peuple, et la vie continue.

Reste maintenant à se demander à quoi tient l’appel du chef de l’Etat aux supposés gouverneurs à se joindre à lui et organiser la mise en place des institutions de l’après révision de la constitution.

Premières inquiétudes des prétendants aux conseils des îles et du parlement de l’Union qui n’auront pas la couverture du pouvoir, que faut-il s’attendre si le gouvernement ne fait pas une ouverture au sein des organes en charge des élections ? Une piste de réponse est avancée par Ouseine, un jeune fonctionnaire d’Anjouan : « je pleins à ceux qui vont perdre de l’argent pour rien. Dans un pays où l’opposition est incohérente, sans ressource et faible, Où le pouvoir prend le peuple pour des idiots, le mieux serait de laisser le pouvoir faire ce que bon lui semble. On aura au moins économisé l’argent du contribuable et amener à ceux qui nous gouvernent de s’en rendre compte que ce n’est pas ce que Sambi avait promis. » Pessimiste comme raisonnement, mais plein de sens. Allez faire un tour dans les grandes agglomérations d’Anjouan et vous vous rendrez compte que les pouvoirs de l’île et de l’Union ont lamentablement perdu de crédit.

Inexplicable aussi la thèse avancée par beaucoup à Mutsamudu, qui craindraient que l’effet Sambi de mai 2006 risque bien de se retourner contre son bénéficiaire comme un effet Boomerang.

Une chose est sûre. Les recommandations faites par la CENI ainsi que le chronogramme du déroulement des scrutins reposent tranquillement sur le bureau de la présidence et seul Sambi peut inverser les donnes pour donner plus de crédit à la suite du processus.

Croisons les doigt et prions.

KAY

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sam

06

jun

2009

ART. Le ’Gungu’ de trop qui crée la polémique

Elbada Photo de KESElbada Photo de KES

ART. Le ’Gungu’ de trop qui crée la polémique

RFO Mayotte : Par Timothy Mirthil vendredi 5 juin 2009

Après son ’Gungu’, performance artistique inspirée de la tradition, réalisée le 13 mars dernier dans les rues de Moroni aux Comores, l’artiste Soeuf Elbadawi s’est vu ostracisé. La polémique enfle.

« Mkolo nalawe ! » (dehors le colon !). Hué par la foule, le comorien Soeuf Elbadawi a été traîné pendant de longues minutes telle une bête dans les rues de Moroni. C’était le 13 mai dernier. Les mains liées, le torse et la tête recouverts de chaux blanche, cordelé, tiré et sérieusement encadré, l’artiste a volontairement subi l’humiliation collective du "Gungu", tradition populaire, à la fois politique et culturelle.

Originellement, le Gungu est cet acte qui permet à la communauté de condamner collectivement l’immoralité d’une personne. Humiliation collective, elle permettait aux villageois d’exprimer leurs peurs ou de s’acquitter à bon compte de leurs propres méfaits. Inspiré par cette coutume, Soeuf Elbadawi a rejoué la scène travesti en colon, pour dénoncer, dans le contexte actuel, la présence française dans l’archipel des Comores.

Art patriotique

Ce jour là, la performance artistique bénéficia d’un certain succès, notamment auprès des jeunes patriotes comoriens de l’association Mawatwaniya puisqu’elle s’intégrait dans un ensemble de manifestations organisées cette même semaine contre la domination de la France sur Mayotte, récemment devenue département.

Ce "happening", destiné à interpeller les Comoriens sur ce que l’artiste juge comme le « viol de l’intégrité territoriale des Comores », n’aurait pas plu. En réaction, le directeur de l’Alliance française de Moroni a fait savoir qu’il condamnait la création jugée trop violente.
« Par une lettre datée du 28 mai 09, Jérôme Gardon, directeur de l’Alliance franco-comorienne de Moroni nous indique que son comité d’administration ne mettra pas son lieu à la disposition de la compagnie O Mcezo* pour finir la création de ‘La Fanfare des fous’, un spectacle sur la dépossession citoyenne, et ce, en dépit des accords établis depuis novembre 2008 avec Soeuf Elbadawi, notre directeur artistique. Cette décision intervient en réaction contre Soeuf Elbadawi, qui aurait été ‘l’instigateur d’une manifestation politique violente’ qui a suscité une importante polémique à Moroni. », précise un communique de la compagnie O Mcezo* avec laquelle travaille l’artiste comorien.

Polémique

Cette déprogrammation a suscité la polémique, aux Comores d’abord, et dans tout l’océan Indien ensuite. C’est que cette interdiction fait suite à une première mise à l’écart du plasticien comorien Seda qui collaborait avec l’école française Henri Matisse pour avoir pris part à cette même performance en mars dernier.

Du coup, le Journal de l’île de la Réunion a consacré une pleine page à cette histoire le 03 juin, tandis que l’hebdomadaire comorien Al-watwan l’évoque à chacune de ses éditions. Et l’écrivain comorien Aboubacar Said Salim s’est indigné à travers une virulente tribune dans les colonnes du même journal, fustigeant « la nouvelle race des gardiens de la culture française ou ce qu’il en reste, (qui) confond alliance et aliénation. ».

L’intellectuel se fait plus acerbe, précisant plus loin « Mais après tout, puisque l’Alliance franco-comorienne n’a de comorien que l’adjectif, le financement étant assuré uniquement par la France, Gardon a raison de lancer des fatwa contre ceux qu’ils considèrent hérétiques vis-à-vis de la pensée officielle de la France ».

Mais voilà, aucun de ces journalistes n’a pris le soin de contacter l’intéressé, à savoir le comité directeur de l’Alliance franco-comorienne, qui à son tour a publié une réponse. Son président Aboubakar Cheikh y défend un certain apolitisme et assume la décision de déprogrammation : « les Alliances françaises sont étrangères à toute préoccupation politique, religieuse ou raciale (…) Le comité de l’Alliance franco comorienne ne souhaite pas, dans l’immédiat, que notre établissement culturel soit associé à cette polémique, ce que ne manquerait pas de provoquer un accueil de votre compagnie en résidence ».

Pour Aboubakar Cheikh, l’artiste est allé trop loin : « La xénophobie qui est ressorti dans l’incarnation du personnage blanc traîné ligoté ne pouvait que choquer les diverses sensibilités. C’est en respect à tous ceux là que le comité a dû se positionner. Au-delà du symbolique vous savez pertinemment que la rhétorique fait jaillir des interprétations multiples et qu’aucun symbole ne peut recueillir l’unanimité ».

Puis le directeur de l’Alliance s’attaque plus loin aux propos de l’écrivain Aboubacar Said Salim sur la question du financement ainsi qu’au travail de l’artiste : « Il est vrai que l’Alliance ne perçoit que quelques miettes de la France en guise de subvention comme le disent certains. Mais de toute façon Elbadawi, lui, n’y va pas de la petite cuillère. Figurez vous que son seul spectacle ‘Moroni Blues’ a fait exploser le budget de l’Alliance tout récemment avec une prise en charge dépassant trois millions deux cent mille francs comorien (3 200 000 FC), dont le cachet qui s’est élevé à 1 722 000 FC. »

La bataille fait rage, donc. Mais au-delà de la polémique qui oppose les artistes Comoriens et l’Alliance franco-comorienne, c’est la question de la place de l’art aux Comores qui fait débat.

L’art en tant qu’outil permettant d’interroger, de débattre, d’incarner le politique, d’exhumer la parole refoulée. En l’occurrence, le débat porte ici sur la très délicate question de la place et de l’identité de l’île de Mayotte qui est française depuis 1975 malgré le droit international qui la dit comorienne.

Et même si d’aucun peut juger ce Gungu trop agressif, il a le mérite d’exploiter une violence symbolique, prémice au débat, à la controverse. Loin, très loin d’une possible violence réelle, qui risquerait d’émerger aux Comores comme à Mayotte, si la parole des peuples continuait à être tue.

 

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ven

05

jun

2009

Culture et coopération: Pourquoi n’y a-t-il que l’Alliance ?

Pourquoi n’y a-t-il que l’Alliance ?

Pourquoi nos artistes dramaturges subissent ainsi le chantage de l’Alliance franco-comorienne et se trouvent, après leur expulsion de cette maison, dans une situation de parias ? La réponse à cette question n’est pas simple, ni tout à fait difficile.

L’Alliance franco-comorienne, présentée comme un lieu incontournable pour les créateurs de scène et autres artistes, est introduite aux Comores il y a une quarantaine d’années. Aujourd’hui, l’établissement est doté d’infrastructures assez complètes pour attirer la jeunesse et les artistes comoriens : bibliothèque, médiathèque, salles de cours, de spectacle, d’apprentissage en informatique, ainsi qu’un terrain de basketball. Cet établissement offre d’autres services aux artistes, telles que la promotion ainsi que l’organisation d’expositions, de théâtres et autres spectacles scéniques. Ces "belles choses"  manquent ailleurs dans toute l’étendue du territoire comorien, depuis trente-quatre ans de souveraineté nationale.

La génération née derrière les années 80 se souvient certainement de quelques endroits, devenus aujourd’hui mythiques, du spectacle comorien.  Al-Camar, Foyer Grimaldi etc. à Moroni, ou encore Al-Quitoir ou le foyer Jaf à Mutsamudu, en font partie. Dans ces établissements, l’on y faisait de tout : cinémas, théâtres, musique et autres spectacles. Au milieu des années 80, le chantier de ce qui devait faire office d’une arène avait été entamé,  jamais achevé, dans le quartier Oasis à Moroni, par le ministère de la culture, dirigé à l’époque par Salim Idarousse. "Le projet s’est subitement évanoui, de façon incompréhensible", regrette Naguib, artiste et chercheur au Cndrs qui, à l’époque, avait été appelé pour superviser les travaux en sa qualité d’architecte. Un cas apparemment routinier  dans l’histoire de ce ministère de la culture comorienne, au point qu’il n’est pas à exclure que des projets pareils avaient constamment été flairés par les autorités culturelles successives mais tout justement abandonnés en milieu de parcours, à l’exemple de celui-ci. Le célèbre artiste-peintre comorien Napallo, avoue être au courant d’un projet de ce genre qui était en discussion entre le ministère chinois de la culture et celui de l’avant dernier gouvernement du président Sambi. Il s’agissait d’un engagement des chinois de construire un centre culturel digne de ce nom aux Comores. Ce projet serait d’après lui foutu dans la poubelle par nos partenaires chinois, faute d’avoir reçu un suivi sérieux de la part des autorités nationales.

Affiches et collation !

Mais tous les endroits susmentionnés, à l’exception d’Al-Camar où des musiciens se produisent quelquefois, ont perdu tout leur  magnétisme d’antan et certains (le cas d’Al-Quitoir à Mutsamudu) se classent mieux aujourd’hui parmi les vestiges. Inéluctablement, au fil du temps, le monde du spectacle comorien a peu à peu déserté ces lieux, et a  préféré "aller là où tout le monde va", pour reprendre l’expression humoristique d’un employé du Centre national pour le développement et la recherche scientifique. Et "là où tout le monde va", c’est justement à l’Alliance. Pourquoi ? "Parce qu’il semble que là-bas on vous offre une collation après l’exposition, et on s’occupe de la promotion de votre spectacle ou de votre exposition, si vous êtes peintre. Il semble de même que certains artistes bénéficient de stages à l’étranger et de subventions de la maison pour la promotion de leur art," indique notre ami du Cndrs, Ahmed Aboubacar.

Des avantages qui ont certainement le pouvoir de l’aimant. Sauf si l’on y réfléchit à deux fois, comme l’a fait Napallo, le peintre. Ce dernier n’a jamais consenti à être pris en charge dans son travail  par l’Afc, pour tout un tas de raisons qu’il donne avec assurance : "Je crois que les artistes de tout ordre se ruent à l’Alliance car ils sont bernés par la présence là-bas de wazungu ; ils croient qu’ils peuvent de ce fait mieux vendre leur spectacle ou leurs tableaux. A mon avis, la vision d’un artiste ne doit pas être réduite à une dimension touristique et commerciale. De plus, la collaboration avec les wazungu impose, par exemple, que les pièces de théâtre soient jouées en français, un facteur de régression de la culture comorienne dans son expression fondamentale. Par ailleurs, il ne faut pas croire qu’il n’y a dans ce pays que la coopération française : j’ai tissé des liens avec des anglophones et des partenaires d’autres nationalités qui me sont d’autant mieux bénéfiques."  Le peintre Napallo est ainsi parvenu, sans coup de chantage, à créer aujourd’hui le centre Karthala à Salimani-Itsandra, son propre lieu d’exposition et d’apprentissage de l’art aux autres. Pour dire que, malgré tout, tout est possible sans la fameuse Alliance.

Sardou Moussa

 

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ven

05

jun

2009

Traversée vers Mayotte : la mort a encore frappé

Les corps inertes de Soulé M’manga, originaire de Hadda à Ndzuani, et Atiki, de Mdjoiyezi-Hambou à Ngazidja,  sont les seuls  retrouvés jusqu’à présent, suite au chavirage mardi soir sur la côte de Hamshako à du kwassa qui devait les faire entrer à Mayotte. Tous deux ont été enterrés mercredi après-midi dans la même localité. L’adjudant  Youssouf Djaanfar de la gendarmerie de Mrémani, que nous avons contacté juste à son retour de l’enterrement, dit avoir été mis au courant du drame vers cinq heures du matin, estimant que l’accident s’est  produit aux alentours de vingt heures, mardi soir.

 

Selon toute vraisemblance, la petite embarcation de résine aurait pris la mer avec, à son bord, trente-six passagers. Une anecdote du gendarme relève qu’au  moment du départ, quatre femmes auraient tiré leur révérence (d’ailleurs tout de suite remplacées par d’autres passagers), persuadées que le voyage était à risque. Mais en plus de la surcharge, l’adjudant Djaanfar croit que Radami, le pilote qui avait été choisi pour cette traversée, était un étranger de la région (ne maîtrisait donc pas sa géographie) et a du par conséquent se méprendre sur le bon cap à suivre, après avoir parcouru une distance d’un ou deux  kilomètres. Il aurait, selon le constat du gendarme, heurté la barque contre un rocher, après avoir pris le chemin inverse vers le rivage, sans se rendre compte. Une thèse assez compliquée à développer, à cause du fait qu’une part insignifiante des corps a pu être repêchée sur la côte.

 

L’accident, comme susmentionné, est signalé à la gendarmerie à l’aube. Pourtant,  jusque tard dans l’après-midi, ni le chef du commandement régional de la gendarmerie, ni le ministre de l’Intérieur de l’île n’étaient au courant de rien. Lorsqu’il l’apprend (auprès du journaliste qui espérait pouvoir l’interroger sur l’affaire), ce dernier crie "Oh ! Ces gens-là n’écouteront jamais personne ! On livre une chasse acharnée contre eux et malgré tout, c’est le drame à répétition tous les jours !"

 

Rectifier le tir

 

C’est devenu un rituel, qui n’impressionne plus personne : régulièrement, de façon saisonnière, une barque de ce type sombre, avec à son bord la même ration en vies humaines. La presse publie les mêmes comptes-rendus macabres, et les déclarations de l’autorité publique, quand il y en a, ne s’avisent qu’à remuer dans leurs tombes les victimes des naufrages. Ou, plutôt, les victimes de la misère comorienne, qui ont préféré mourir en tentant que vivre en attendant. Une attente qui leur a semblé de surcroit sans fin. Ces malheureuses gens se chiffrent (paix à leur âme) par milliers (six mille, estime-t-on), depuis l’instauration du visa Balladur en 1995 pour l’entrée à Mayotte.

 

Il y a toutes sortes de spéculations sur l’essence -même de ce voyage à destination incertaine, mais ce que livre comme aveu une femme de Kiyo dans le Nyumakele, avec résidence temporelle à Moroni,  le jour-même de l’enterrement des autres,  doit faire rectifier leur tir aux gouvernants, qui croient que "livrer une chasse acharnée" contre ces candidats à la mort suffit pour les en dissuader. "Je m’étais déjà rendue à Mayotte une première fois à cause de la misère qui frappait ma famille. J’ai fait quelques années et suis retournée chez moi à Ndzuani. J’ai constaté que la situation s’était plutôt empirée. Actuellement, je suis marchande d’arachides et de beignets, juste pour reconstituer mon billet retour à Mayotte. Personne ne pourra me retenir dans ce pays !" Pour la précision, cette femme est mère d’une dizaine d’enfants.

 

Sardou Moussa

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mar

02

jun

2009

Overdose d’alcool

La bêtise a encore frappé deux fois

 

L’idée d’un concours sur la quantité d’alcool à absorber a été lancée et vite adoptée à l’unanimité. Quelques heures plus tard, la fête a tourné au drame. Bilan : deux morts.

 

Le petit monde du roi Bacchus est en deuil. Ceci suite à une beuverie collective dans une "cambuse" (un de ces bars clandestins) du quartier Fomboni-Mouzdilifa à Mohéli dans la soirée du mardi 26 mai dernier. Après la traditionnelle tournée, l’idée d’un concours sur la quantité à absorber a été lancée et vite adoptée à l’unanimité. Et le concours de commencer, mais avec des signes de malaise inhabituelle dans ce petit monde où la gaieté et la bonne humeur sont plutôt rois. Quelques heures plus tard, la fête tourne au drame avec le décès de deux personnes. Rapidement, trois autres personnes sont également passées d’ébriété ordinaire à un état de quasi-mutant. En effet, sauvé de la mort, l’un d’eux a vraisemblablement perdu l’usage de la vue en déclarant à ses visiteurs qu’il les aperçoit "comme des petites fourmis".

Il n’est peut-être plus utile de moraliser sur l’usage de l’alcool. Que l’on soit dans un pays musulman ou pas, c’est de toute façon une affaire de conscience individuelle. Le problème est de santé publique et il mérite une grande campagne de sensibilisation contre l’alcoolisme ou l’usage modéré de son breuvage préféré. Mais il est avant tout avant tout social car il touche les couches les plus démunies de la société qui, traditionnellement,  comme ce mardi noir, ne peut s’offrir que ce cocktail mortel à base d’alcool à brûler, mélangé quelquefois à du détergent, du décapant ou tout autre liquide aux vertus tout autant dangereuses qu’hilarantes.

Enfin les pouvoirs publics ont aussi leur part de responsabilité car ces fameux cabarets souterrains, où l’on sert ces pseudo-boissons interdites, sont toutes connues des forces de l’ordre. Et, mis à part quelques ponctuelles opérations coup de poing contre ces bars sauvages, la plupart du temps ils opèrent au vu et au su de tous avec quelques fois la participation de quelques brebis galeuses sorties des rangs de ceux qui sont censés fermer ces sordides coin de la mort à double vitesse.

 

SM  

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mar

02

jun

2009

Zoom sur l’Adsei

Quand une association prend en main la destinée de toute une communauté

 

Il n’y a pas de mot assez fort pour décrire l’attachement d’un villageois d’Itsamia vis-à-vis de la tortue, un animal dont la survie est aujourd’hui plus que jamais menacée par l’acharnement cruel d’ennemis sans scrupules de la nature. Au cours de mon reportage, une question posée à un habitant du village s’avéra ridicule, presque abjecte, en même temps qu’elle révéla dans une certaine mesure le degré de cet attachement. "Ne pensez-vous pas que les braconniers qui viennent ici bénéficient de la complicité de gens du village ?", demandai-je, aisément.  La réponse, plutôt livrée dans un "format question", fut pour moi sans appel possible : "Qu’avez-vous dit ? Un habitant d’ici ?!"  Cet état d’esprit inamovible tient d’un travail de sensibilisation extraordinaire livrée mains et pieds liés par une association du village qui, depuis près d’une vingtaine d’années, a fait de la protection de la tortue marine sa raison d’être.

 De toutes les situations exemplaires vécues, jamais une communauté n’aura été au service d’une association villageoise, et, inversement, rarement observe-t-on qu’un groupement de jeunes gens fasse autant pour son village que n’en fasse Adsei pour Itsamia. Née en 1991, l’Association pour le Développement Socio-économique d’Itsamia a depuis lors tracé sa voie, qu’elle a d’ailleurs suivie jusqu’à maintenant, sans jamais dévier ni trébucher. Elle s’est dès le début fixé un objectif : celui d’amorcer un développement durable de son village grâce à la préservation d’un patrimoine exclusif à lui, que constituent les deux espèces de tortue marine (l’espèce verte celle dite "imbriquée") qui partagent chaque soir la plage du village avec les habitants et les touristes, venus parfois de très loin dans le seul but de rencontrer la majestueuse "députée d’Itsamia", pour reprendre le surnom affectueux donnée à la tortue par les Itsamiaois. Tous les mois, malgré la pauvreté de l’île en matière d’infrastructures d’accueil des touristes, Itsamia reçois sa dose régulière de visites de ces "fous de la tortue", comme se désignent eux-mêmes certains touristes. Aussi, une part substantielle des revenus issus directement du tourisme, des cotisations communautaires et des aides diverses versées à l’association par des Ong et quelquefois par les pouvoirs publics, sert constamment à améliorer les structures d’accueil des visiteurs. C’est ainsi que des bungalows ont été construits ; un observatoire des tortues se trouve en phase d’achèvement et toute une série d’activités liées à la protection de la côte marine et à la sécurisation des pontes de l’animal sont en cours d’exécution. Un des projets en phase de conception et entrant dans le cadre spécial de la sensibilisation pour la protection de l’environnement est le Centre de Promotion et de Protection de l’Environnement pour les Jeunes et les Femmes.  Et pour mieux cerner tous ces défis, l’Adsei a  tissé de nombreux liens de partenariat avec des associations de la région Océan indien ("Kelonia" de l’île de la Réunion, "Les Naturalistes de Mayotte"…) militant pour la même cause, et des Organisations non gouvernementales (Pnud, projet Wio-Lab…).

L’Association pour le Développement socio-économique d’Itsamia a par ailleurs toujours inspiré et financé à plus de soixante pour cent de la part communautaire tous les grands chantiers lancés dans le village. Ainsi en est-il de l’école primaire d’Itsamia, des caniveaux et fontaines d’eau publiques etc.  Tel est le cas également pour la souscription du village au plus vaste projet de mutuelle  de santé de l’île, lancé par une Ong, et dans lequel Adsei garantit 35% de la cotisation locale.

Le plus grand mérite de cette association, qui mérite le soutien de tous, est certainement d’avoir su inculquer une conviction à toute une communauté, et inspiré d’autres communautés (exemple de Hoani) dans le combat contre la destruction de l’environnement. 

 

Sardou Moussa

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mar

02

jun

2009

Mohéli : Itsamia fête les tortues

Célébration à Itsamia de la Journée de la tortue

 

Le 28 mai a été officiellement célébrée la onzième Journée de la Tortue dans le village d’Itsamia, à Mohéli, après une semaine d’activités festives intenses organisées pour l’occasion par l’Association pour le Développement Socio-économique d’Itsamia (Adsei), un groupement associatif du village. La semaine d’ "ambiances" a commencé lundi par une "journée propre et de plantation d’arbres", et s’est prolongée avec toute une série de concours dans le domaine du sport et de la culture liée spécialement à la préservation de l’environnement en général, et à la protection de la tortue en particulier. Toutes ces activités se sont déroulées avec un relatif succès d’organisation et ont reçu un afflux de gens, venus de presque toute l’île, mais aussi de Ngazidja et de Ndzuani. Aussi bien des ministres du gouvernement de l’île, des représentants du ministère de l’environnement de l’Union, des délégués d’associations et d’Ong divers militant pour la protection de l’environnement se sont déplacés pour l’événement ; certains d’entre eux se trouvaient déjà sur les lieux un ou deux jours avant  la journée du jeudi, où a eu lieu la cérémonie officielle.

 

Beaucoup de discours ont été prononcés au cours de celle-ci. Celui du ministre de l’environnement de l’île, Darousse Bacar, a été plutôt un mea-culpa. Tout en démontrant que "presque toute la totalité des tortues vivant dans les eaux marines de l’archipel des Comores et des régions voisines s’abritent à Itsamia", et expliquant ce phénomène par le simple fait que "les habitants d’Itsamia, au lieu de se constituer en prédateur, ont apprivoisé la tortue et vivent en symbiose avec elle", l’autorité de l’île avoue que les pouvoirs publics "ne font pas assez pour dissuader les braconniers".  

 

Braconniers : le fléau

 

La Journée de la Tortue est surtout une occasion de sensibilisation pour la protection de l’une des espèces animales menacées dans la planète. De ce point de vue, les intervenants à la cérémonie d’Itsamia ont dit chacun un mot sur cette pratique qualifiée unanimement de criminelle : le braconnage. Au final, un membre très actif de l’Adsei chargé d’animer la cérémonie a conclu que du côté de la population riveraine tout comme de la gendarmerie, chacun engage sa part d’effort pour la préservation de la tortue, mais seule la justice se révèle être le maillon faible de la chaîne. En effet, pas plus tard que mardi soir, alors que les activités de la fête ont commencé depuis la veille, un groupe de braconniers a été surpris en flagrant délit. Une des personnes a été attrapée et écrouée. Suivant la loi qui sanctionne en ce moment ce genre d’activité, la personne arrêtée, originaire d’un village proche d’Itsamia, "encours jusqu’à cinq ans de prison ferme", d’après Anfane Msoili, une autre  figure clé de l’Adsei.  "Une sanction qui ne sera sans doute appliquée que très modérément", d’après l’avis de nombreux personnes interrogées.

 

Sardou Moussa

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